L’ancien ministre des Droits humains et député honoraire, Albert Fabrice Puela, est monté au créneau pour répondre à la correspondance du ministre des Infrastructures, Travaux publics, John Banza Lunda, adressée au gouverneur du Kongo Central. Sa mise au point évoque le respect des principes de décentralisation et des règles de l’État de droit.
Dans un ton ferme, Puela rappelle que « la République se gouverne d’abord par le respect des formes ».
Il souligne que la correspondance ministérielle étonne autant par son style que par sa portée. Il déplore un langage jugé peu conforme aux standards de courtoisie administrative attendus à ce niveau de responsabilité.
Sur le fond, l’ancien ministre insiste, dans un État décentralisé, la relation entre le pouvoir central et les provinces n’est ni hiérarchique ni verticale, mais encadrée par la Constitution. Il cite notamment les articles 3, 203 et 204, qui consacrent la libre administration des provinces, dotées d’une autonomie juridique et de gestion.
Selon lui, cette autonomie exclut toute injonction directe d’un ministre à un gouverneur en dehors des mécanismes légaux. Le contrôle du pouvoir central, précise-t-il, se limite à un contrôle de légalité, et non à un pouvoir de commandement.
Abordant la question des péages au Kongo Central, il souligne qu’il s’agit d’une problématique ancienne. La province organise déjà des péages sur plusieurs axes, notamment à Lufu, Moanda et Ango-Ango, dans le cadre de la mobilisation de ses ressources. Une pratique qui, selon lui, s’inscrit dans le respect du principe de subsidiarité.
Albert Fabrice Puela défend également la présence d’agents provinciaux dans les mécanismes de suivi, estimant qu’elle ne peut être assimilée à une immixtion illégale sans analyse approfondie.
L'ancien Ministre des Droits Humains appelle au respect de l’équilibre institutionnel, rappelant qu’aucun ministre ne peut légalement adresser des injonctions à un gouverneur dans l’exercice de ses compétences. Il met en garde contre toute dérive centralisatrice et invite à privilégier la primauté du droit, la loyauté institutionnelle et la courtoisie républicaine.
« L’autorité de l’État ne se décrète pas par l’injonction. Elle se construit par le droit », conclut-il.